Généalogie de la famille Portalis

Julie DESSAUNIERSAge: 27 years17621789

Name
Julie DESSAUNIERS
Given names
Julie
Surname
DESSAUNIERS
Birth 1762

Birth of a daughter
#1
Jeannette LIGHTONE
June 23, 1787 (Age 25 years)

Birth of a daughter
#2
Julie LIGHTONE
1788 (Age 26 years)

Birth of a daughter
#3
Wilhelmine “Mina” LIGHTONE
May 9, 1789 (Age 27 years)
Note: Wormditt (en Allemand) est aujourd'hui une ville de Pologne nommée Orneta et située dans la Voïvodie de Varmie-Mazurie.
Death 1789 (Age 27 years)
Note: Décède en mettant au monde Whilhelmine
Family with Camille LIGHTONE - View this family
husband
herself
daughter
Jeannette LIGHTONE
Birth: June 23, 1787 25
Death: July 19, 1820, Rawitsch, , Voïvodie de Grande-Pologne, POLOGNE
18 months
daughter
16 months
daughter

Death
Décède en mettant au monde Whilhelmine
Shared note
Souvenirs d'Adrienne MOUNIER, conservés aux Pradeaux, retranscrits par Bruno BIZALION : .../... Je voudrais conserver le peu que je sais de la famille de ma mère. On pourrait même dire, le peu qu'elle en sait elle-même. Son grand père, le Général Dessaunier (*) était d'origine Française, au service de la Prusse. Il avait fait la guerre de Sept Ans, avec le grand Frédéric, et ma mère conserve précieusement une pendule à rouage et sonnerie fort compliquée qui lui servait dans ses campagnes. Le Général Dessauniers est mort gouverneur de la forteresse de Glogau, en 1801. Sa veuve lui a survécu jusqu'en 1831. Ils avaient eu trois enfants: deux filles et un fils. Ce dernier, au service, naturellement, s'était fort richement marié dans la vieille Prusse. Il avait eu un fils qui était fort jeune lors des cérémonies de 1815. Venu jusque sous les murs de Paris, ma mère espérait bien voir son cousin, sans que ce désir ait pu être réalisé. De retour chez sa grand-mère maternelle, près de Gunbingenn, ce malheureux jeune homme, en s'amusant sur un des étangs de la terre, s'est noyé.... et cela après avoir échappé à tous les dangers de la guerre. Ma mère ne m'a rien dit de plus de son oncle, père de ce jeune Louis. L'aînée des filles avait épousée un M. de Püstlitz Zu Gaus (de l'Oie, assez singulier nom pour nous). Il était bien né. Il parait que c'était un mauvais sujet. Sa femme était revenue chez ses parents avec une fille qui est morte de la poitrine encore jeune. Mme de Püstlitz s'appelait Albertine, et c'est à cause de cette grand-tante que ma sœur s'appelait Albertine. Je ne sais pas le nom de baptême de la mère de ma mère. Elle avait épousé un officier irlandais au service de la Prusse Il s'appelait (Camille) Lightone, d'une très ancienne famille irlandaise que l'on disait remonter aux anciens rois d'Irlande. Ils ont eu trois filles. L'aînée Jenny était fort belle : Elle chantait et jouait de la harpe. La seconde, Julie était laide et se tenait à l'écart. La troisième était ma mère. Sa mère mourut en la mettant au monde. Les grands-parents prirent et gardèrent les trois pauvres petites filles. C'était en 1789. Dans le trouble qui suivit sa naissance, on oublia de baptiser l'enfant. L'évêque de Vasen, passant à Wordstitt vint visiter cette famille désolée. Il s'informa de l'enfant, la baptisa en se faisant son parrain. " Je l'appelle Wilhelmine, dit-il, c'est le nom national " Cette jolie petite fille blonde, aux yeux bleus, au teint magnifique fut élevée alors entre un grand-père qui l'adorait parce qu'elle lui rappelait sa fille, et sa grand-mère qui ne pouvait pas la voir parce qu'elle lui avait coûté sa fille. Il en résultait beaucoup de tiraillements, et, en résumé, l'enfant était fort gâtée. Un soir, elle avait quatre ans, elle dormait dans son petit lit. Un homme se penche sur elle, la réveille en l'embrassant ; elle sent des larmes couler sur son visage, des moustaches lui caresser la joue.. c'était son père ! Elle ne l'a jamais revu depuis lors. Il partait. Ma mère n'a jamais su où il allait. Ce récit m'a toujours extrêmement touchée A ce même âge de quatre ans, ma mère se rappelait parfaitement l'émotion causée par la mort de Louis XVI (au fond de la Silésie) et comment sa grand-mère avait pris le deuil. Je reviens aux deux sœurs aînées. En 1813 ou 1814, Jenny épousa le baron de Randow, veuf avec quatre enfants. Il habitait Rawitz, petite ville de Pologne, sur la frontière de la Silésie. Sa femme eut deux filles, puis elle mourut et le baron de Randow épousa sa belle-sœur Julie en troisième noces. Je crois qu'elle eut aussi deux filles. Que d'enfants ! un Alfred, un Henri, une Amalia, une Adelheit.... je ne me rappelle pas les autres noms. Il y avait encore dans l'intérieur du général et de la Générale Dessauniers, une vieille Mme de Francheville qu'on appelait " ma tante " par courtoisie. Ma mère ne se rappelle pas du tout pourquoi et comment elle était là. Elle était belle-sœur d'un abbé de Francheville, qui vivait à la Cour de Prusse en même temps que Voltaire et se disait son ami. Thiébault en parle dans ses souvenirs de 20 ans, comme s'étant réveillé d'une léthargie quand on allait l'enterrer. Il était dans son cercueil entouré de cierges allumés. En 1809, ma mère avait 20 ans. L'état dans lequel restait la Prusse après les victoires des Français la mettait au désespoir. Elle avait vécu à Glogau pendant le siège, couchant dans les casemates la nuit avec sa famille, allant aux hôpitaux le jour pour visiter les blessés en tâchant d'éviter les bombes. Puis Glogau dû se rendre. Elle vit les officiers et le gouverneur de la forteresse venir rendre leurs épées au général français. La ville fut frappée de la contribution de guerre. Il fallait que chaque jour, une somme considérable (3000F je crois) fut apportée à l'administrateur français. Elle vit s'en aller peu à peu tout ce que contenait la maison. Quand il n'y eut plus d 'argent, on vendit les bijoux, la vieille argenterie de la famille. Il venait d'horribles juifs qui pesaient, payaient, emportaient. Tout à l'heure il ne restait plus rien, et la haine allait toujours grandissant. Le général Vandamme, entr'autres a laissé d'affreux souvenirs. Un jour, on parle d'un jeune français chargé de l'administration de la Basse Silésie, qui depuis son arrivée n'avait pas voulu entendre parler des frais de table. "J'ai mes appointements ", disait-il, bientôt il ne fut plus question que de son désintéressement, de son humanité, de son zèle pour le bien de tous. La jeune Mina eut curiosité et désir de connaître ce jeune français si différent des autres dont on disait tant de bien. il s'était fait présenter à plusieurs familles de la ville, et le fut enfin à la Générale Dessauniers. A ses premières visites, il fut frappé de l'éclat, de la beauté de l’aînée des trois sœurs. Bien peu après, il remarqua la petite Mina, s'occupa d'elle et ne tarda pas à lui vouer un amour qui ne finit qu'avec lui. Leur union fut bien vite décidée. Cette allemande, si malheureuse des malheurs de son pays, détestant les français et leurs conquêtes, épousait un français et allait vivre en France. Mais, il fallait le consentement de l'Empereur. Mon père partit et le trouva à Compiègne. Il m'a raconté souvent qu'un des moments les plus pénibles de sa vie a été celui où il attendait dans une grande salle, précédant le cabinet de l'Empereur. Il m'a menée dans cette salle et me racontait ces détails encore avec une vive émotion ; Le consentement fut donné, mais pas sans peine. " Une Allemande ! Une Prussienne ! " répétait l'Empereur avec impatience; " N'y a-t-il donc pas assez de françaises ! ". Mon père retourna en toute hâte à Glogau, mais par une circonstance que j'ai oubliée, le mariage se fit dans la petite ville de Lignitz. L'Empereur avait donné si peu de temps qu'on dut repartir le jour même. Les voyages étaient longs alors ! Mes parents se marièrent le 11 Mai 1810. Par une fatalité touchante, mon père mourut le 11 Mai 1843. Jamais union ne fut plus tendre et plus heureuse, et ne laissa des regrets plus vifs et plus durables. .../... Adrienne Mounier, vicomtesse Portalis - 1878 (*) Jean Antoine von Dessaunieres né le 3 Aout 1731 en Alsace épouse en 1760 Jeannette Claire du Fresne de Francheville (Bruxelles 3 avril 1742, Glogau 29 mars 1830) Lieutenant en 1754, Capitaine dans le bataillon de Jeney en 1761, major en 1781, général chef de bataillon de fusilliers en 1789, général major et commandant de la place de Glogau de 1790 à 1795. Source annuaire militaire allemand